Accueil » Reines de beauté au Sinaloa, Mexique


Feux d’artifices et grondements de balles, par Juan José Rodriguez (extraits)


C’est une visite étape par étape du carnaval de Mazatlán, un labyrinthe de couleurs, un culte de la beauté et un grondement de balles qui se confondent avec les feux d’artifices et, la lamentation noyée de la méfiance, du doute et de la suspicion.

La quête et le combat d’une aspirante pour accéder au trône de reine de beauté du Carnaval est un processus, qui synthétise parfois en quelques semaines, les moments de toute une vie. Les filles viennent avec le leitmotiv d’atteindre le Graal convoité par toutes les jeunes filles de la ville (…) Une fois le concours créé, le syndrome de la Reine attitude a fait des ravages dans une bonne partie de l’État du Sinaloa.
Le concours de Miss Univers a été fondé en 1950 et depuis sa création, et par contagion, au Mexique les concours de beauté se sont multipliés.
Le Sinaloa a été l’État qui a eu le plus grand nombre de gagnantes dans l’ancienne version de Miss Mexique (1952-1994) avec six représentantes primées. S’ajoutent trois jeunes filles depuis la nouvelle version de Miss Mexico, intitulée désormais, « Nuestra Belleza« .
Cette effervescence à vouloir gagner les titres de beauté nationaux, s’est poursuivie jusqu’au milieu des quatre-vingt dix, lorsque les filles se sont détournées de ces compétitions.
(…) Des sièges pleins, des balcons bondés, les ambassadrices de la beauté de la ville vont donner le meilleur d’elles-mêmes. isolées dans leurs loges, sans aucune possibilité de communiquer avec l’extérieur avec leurs téléphones cellulaires, toutes ont reçu les questions auxquelles elles devront répondre devant un public enragé et, un jury attentif. Il est naturellement impossible de valoriser la culture générale d’une personne en un seule question tirée au sort. Prime donc à celle qui saura le mieux marcher sur la passerelle, maîtriser ses nerfs et donner la réponse la plus ingénieuse.
Personne n’a accès aux loges, à l’exception d’une parente, une tante ou une cousine. L’expérience montre en effet que les mères deviennent trop nerveuses dans les coulisses et, finissent par rendre hystériques les pauvres candidates.
Mazatlán, Sinaloa, Mexique
Juan José Rodiguez